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Je suis faite de murs mais ils ne m'ont jamais protégee .Je déteste les murs.

Je suis faite de couleurs et de jardins ouverts qui respirent en spirales inversées.

J'ai essayé.

J'aurais essayé depuis mon ordre intérieur, une harmonie fragile mais réelle.

 La suradaptation : Origine et mécanisme

​​

Quand le corps apprend à se plier au monde

Très tôt certaines petites filles apprennent à imiter les codes sociaux, même lorsqu'ils ne leur sont pas instinctifs.Il s'agit d' observer, de reproduire, d'ajuster: Ces stratégies deviennent peu à peu naturelles, presque invisibles. Confondues.

Mais en parallèle une toute autre organisation interne va se mettre en place.

Une forme d' anticipation toujours sur le qui vive qui génère beaucoup d'anxiété et que beaucoup décrivent comme un ajustement permanent en réaction à une sensation persistante de décalage:

Il s'agit donc d'un mode de fonctionnement installé très tôt qui concerne la manière d'habiter le monde social.

La difficulté à savoir spontanément comment se placer dans un groupe,, comment lire certaines situations sociales, ou comment se situer avec naturel dans le collectif. Ce fonctionnement devient une forme d'intelligence très particulière: Une pensée arborescente, capable de cartographier les dynamiques sociales, d'en percevoir les nuances, d'envisager de multiples possibilités simultanément, d'analyser les dynamiques relationnelles afin d'ajuster son comportement pour maintenir l'équilibre.

Avec le temps, cette vigilance imprime une forme de fluidité et à la construction d'une sorte de personnage social fonctionnel.

Cette aisance repose souvent sur un mécanisme discret que l'on appelle aujourd'hui une forme de camouflage.
Or il ne s'agit pas de jouer un rôle , ce serait plutôt un travail continu d'ajustement qui consiste à observer, comprendre, imiter certains codes, réguler ses réactions spontanées, maintenir une cohérence sociale.

La personne développe une attention très fine aux signaux sociaux, une capacité d'anticipation importante, une analyse détaillée des interactions.Elle apprend à prévoir les réactions possibles, à imaginer différents scénarios, à ajuster son comportement pour éviter les malentendus ou les frictions. Elle se met en état d' hypervigilance.

De l'extérieur, tout semble naturel.Or, à l'intérieur cela demande une attention permanente.

Avec les années, ce travail constant s'élabore et devient presque invisible. La personne peut croire que c'est simplement sa manière d'être. Cependant cette adaptation constante, cette "dissimulation" vécue comme douloureuse car elle touche à quelque chose que l'on doit cacher mais sans trop savoir pourquoi, a un cout qui se paye toujours à un moment ou à un autre.

Parce que le système reste en veille, le mental continue d'anticiper et le corps porte la tension de cette vigilance.

C'est à ce moment là, très souvent, que l'on évoque l'anxiété.

En réalité , l'anxiété apparait comme une trace laissée par des années d'ajustement silencieux , diffus .Elle est la cause de cet effort continu maintenu par un système de compensation sophistiqué construit pour naviguer dans le monde social.

Transparente, adaptable et fonctionnelle.Cette satisfaction apparente laisse, dans le paysage intérieur, la sensation persistante de n'être jamais tout à fait visible ou pleinement reconnue dans sa manière d'être.

La suradaptation est donc moins un trait de personnalité qu'un mécanisme de navigation: Une manière pour un système sensible, analytique, et attentif de trouver sa place dans un environnement dont les codes ne lui sont pas immédiatement accessibles.

Sans qu'elle puisse en avoir conscience.

 

La suradaptation ne nait pas d'une envie de plaire ou de bien faire, elle apparait beaucoup plus tôt, souvent sans que personne ne la remarque.

Chez certains enfants, la perception du monde social demande plus de décodage.

Les règles implicites , celles qui circulent dans les regards, les silences, les sous -entendus, ne sont pas immédiatement lisibles.

L'enfant perçoit pourtant très finement  les réactions des autres.Elle remarque quand quelque chose ne correspond pas, que ce soit une parole qui crée un malaise, un geste mal interprété, ou bien lorsque sa spontanéité provoque une réaction inattendue.

Peu à peu elle comprend qu'il existe des règles invisibles. Comme ces règles ne sont pas intuitives, elle commence à les observer, à les analyser, à les reconstruire mentalement.

L'enfant apprend à ajuster sa manière de parler, de se tenir, de participer.

Elle observe les autres enfants, repère ce qui fonctionne, ce qui attire l'approbation, ce qui déclenche l'exclusion.Et corrige, un peu sa manière de répondre, un petit peu son expression, un peu encore ses réactions.

L'observation se fera le plus souvent à la faveur d'une mise en retrait discrète et d'une participation le plus souvent choisie.

Ce n'est ni un évitement, ni un mensonge, c'est une tentative d'accord avec l'environnement.

Puis ces ajustements, au fil du temps, se transforment en système.

Puis en une grande capacité d'anticipation sociale.Elle analyse les situations, imagine différentes issues, ajuste son comportement pour maintenir l'équilibre.

C'est ainsi que nait la suradaptation. Non comme une stratégie consciente, mais comme une architecture intérieure, une succession de micro ajustements qui lui permettent d'évoluer dans un monde dont les codes restent opaques ou inaccessibles.

Chez beaucoup de femmes, ce mécanisme devient très performant.Il permet de travailler, d'entretenir des relations, parfois même de donner l'image d'une certaine aisance sociale.

Cependant cette aisance repose sur un travail interne intense.Et lorsque ce travail dure depuis des années, il peut finir par engendrer une fatigue , une lassitude profonde, une sensation de décalage persistante, le sentiment de vivre derrière une couche d'ajustement permanente.Et de ne plus savoir qui , derrière tous ces paravents, l'on est réellement.

"On ne t'a pas demandé de t'exprimer autrement, on t'a dit de te taire correctement"

Car avec le temps, certaines stratégies d'adaptation peuvent aller jusqu'à une forme d'auto effacement.

Non pas au sens d'une disparition de soi mais comme une réduction progressive de ce qui est exprimé: réactions, rythmes, interêts, sensibilité.une manière de se rendre plus lisible et plus acceptable.Une acceptation qui va parfois de l'assimilation jusqu'au silence.

A l'origine de la suradaptation

Les moments de rupture

Il arrive souvent que ce système de suradaptation n'arrive plus à tenir l'équilibre.

Pendant des années le camouflage peut être très efficace.

A un moment donné , plusieurs facteurs peuvent faire basculer l'équilibre:

-Une surcharge prolongée ( travail, responsabilités familiales, environnement social exigeant.)

-un changement de contexte qui modifie les repères habituels 

-Une accumulation de fatigue cognitive et émotionnelle

-ou simplement le passage du temps, lorsque le corps ne peut plus suivre ce rythme comme avant.

Il est fréquent qu'à ces moments particuliers  surviennent des épisodes de rupture et ils peuvent prendre différentes formes.

L' épuisement profond

La personne se sent vidée, avec une difficulté à maintenir le niveau d'attention sociale qu'elle avait l'habitude de soutenir.Ce n'est pas une perte de capacité, c'est une perte de tolèrance à l'effort.

Le burn out

Dans beaucoup de cas chez les profils féminins neuro divergents et tout particulièrement chez les femmes TSA , le burn out n'est pas seulement professionnel, Il est aussi social et cognitif: le système d'adaptation global s'effondre.

Le retrait social

les interactions deviennent trop couteuses.La personne réduit les contacts, évite certaines situations ou a besoin de périodes de solitude beaucoup plus longues.

La perte de repères identitaires

Comme une grande partie des attentes reposaient sur l'adaptation aux demandes extérieures, la question peut se poser:

Qui suis-je en dehors de ce système d'ajustement?

Le questionnement sur la neuro divergence et l'occupation de son propre espace

C'est souvent lors d'un effondrement que certaines femmes s'interrogent sur leur parcours.

Ces moments de rupture ne sont pas seulement des crises, Ils sont souvent des points de bascule .

Non parce que le fonctionnement apparait soudainement mais parce que le camouflage devient plus difficile à maintenir.

Et c'est là aussi que certaines femmes commencent à découvrir la possibilité d'une présentation féminine de l'autisme, son spectre ou plus largement, d'un fonctionnement neurodivergent resté longtemps peu visible.

A partir de cette prise de conscience peut commencer un processus parfois décrit comme un "décamouflage" ou démasquage progressif dans lequel il devient possible de mettre en lumière son parcours sous un angle moins exigeant, plus doux, de revisiter son histoire et d'en refaire la lecture calmement, la possibilité de créer une manière plus ajustée d'habiter sa sensibilité, ses rythmes, sa singularité. Se relier à soi même et aux autres avec plus de plaisir, de liberté et moins de compensation permanente, d'efforts cognitifs et émotionnels épuisants.

​Tel un caméléon qui retrouve la liberté de changer de couleur, non pour se cacher mais pour habiter pleinement son environnement.

La stabilité ne viendrait plus de l'immobilité mais du contrôle du mouvement.

Une architecture faite de respiration spatiale , de réorganisation sensorielle et cognitive.Une stabilité dynamique, jalonnée de circuits, de rythmes, de retours réguliers dans une mobilité structurée.Une forme de fidélité au corps par une expansion de son espace intérieur.

Il y a l'idée de circuler sans se perdre par un retour à la variation vivante.

Le moment où l'adaptation cesse d'être une contrainte pour redevenir une capacité.En effet il ne s'agit pas de sortir d'une cache honteuse mais d'agrandir son espace de vie.

Ce n'est pas une fuite de la structure, c'est un refus de structures qui n'étaient tenables que par une suradaptation.​​épuisante.

 

La notion de spectre , utilisée pour décrire certaines formes de neurodivergence évoque déjà une palette de variations plutôt qu'une identité figée.Le réajustement chromatique correspond à ce moment où la palette peut à nouveau se déployer et vibrer, les couleurs deviennent alors des nuances possibles dans une relation plus vivante avec l'environnement.

PS:Il faut également reconnaître que pendant longtemps les critères diagnostiques ont été élaborés à partir de cas majoritairement masculins.

Les expressions féminines de la neurodivergence ont donc souvent été peu reconnus, sous diagnostiquées ou diagnostiquées tardivement, et, parfois, interprétés autrement : anxiété, dépression, hypersensibilité.

Beaucoup de femmes passent ainsi des années à s'adapter sans comprendre pourquoi cet effort leur coûte autant.L'effort silencieux qui soutient l'apparente fluidité sociale.

Les reflexions proposées dans cet espace s'appuient sur mon regard de femme et de thérapeute, elles ont pour vocation une approche sensible de compréhension et d'accompagnement .Elles visent à offrir des repères et ne substituent pas à un diagnostic ou à un suivi médical spécialisé.

D'autres thématiques seront bientôt abordées et enrichies ( dont celle ci) au fur et à mesure.

Réajustement Chromatique 

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